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31/12/2016


 
 
D_I_S_G_U_S_T_I_N_G

«  I've got a hundred million reasons to walk away,
But baby, I just need one good one to stay. »



___________________________________________________________________
 

 
Après l'obtention de sa garde, le père de Louis décide de l'inscrire au lycée de Bar Harbor, dans l'Etat du Maine. Et dès le premier jour, il l'a vu. Ce garçon aux tatouages, celui qui porte de l'eye-liner et des piercings sur le visage. Celui qui, au fur et à mesure du temps, va faire chavirer son c½ur. Un peu trop. 




Avant tout : La première fois que je l'ai vu. 

L'allure gothique qui s'émanait de lui n'avait rien avoir avec mon monde et pourtant je n'ai pas pu m'empêcher de lui trouver un certain charme moi, à son maquillage et ses t-shirts aux allures gores. Bien sûr j'écoutais du rock mais je ressemblais plus au baby rockeur qu'aux grands de la scène rock'n roll alors que lui serait passé inaperçu dans un concert de Marilyn Manson. Mais outre son maquillage, ses tatouages et autres éléments superficiels, il était beau.
 
Il était beau et c'est moi qui ait eu les ennuis. 



31/12/2016


 
 
Prologue  
 


 
J'avais oublié l'air si frais de Bar Harbor. J'avais oublié les belles maisons de couleurs de la ville et ses boutiques souvenirs qui proposent des poissons en cristal et des cartes postales superbes. En fait, je n'étais plus venu ici depuis la mort de ma grand-mère, il y a sept ans... J'ai oublié à quel point cette ville est charmante.
 
La vitre ouverte et la main dans le vent, je profite des paysages que m'offre la route qui mène à la maison. Mon père tapote le volant au rythme de San Quentin, cette musique me rappelle le Texas mais j'essaye de ne pas y penser. Je viens d'avoir seize ans et mes parents ont divorcés il y a deux ans, c'est une histoire assez compliquée et beaucoup trop encrée de détails, mais depuis le divorce, ma mère et moi nous entendions comme chiens et chats alors mon père a tout fait pour obtenir ma garde. Lui est revenu vivre dans la maison de ma grand-mère et ma mère est restée au Texas, là où j'ai vécu toute ma vie. Je me dis que d'être loin d'elle va renouer des liens, et puis je préfère vivre avec mon père qui a des goûts fabuleux pour la musique et avec qui je peux passer des heures à parler de films, de livres, ... Ma mère ne pense qu'à s'amuser et à travailler dans ce prétentieux secteur de la publicité.
Mon père est un homme humble. Il tient juste une boutique de souvenirs et d'antiquités parce que c'est sa passion.
 
_Alors, tu es pressé ? Me demande mon père, le sourire aux lèvres.
_Quand même, ça fait des années que je ne suis plus venu ici. Je fini par changer la musique. J'ai hâte de voir ma chambre.
 
Mon père rigole et me tapote le genou. Je sais qu'il est heureux que je sois avec lui parce que je sais qu'il n'a toujours pas fait son deuil par rapport à Mamy et qu'il est le plus souvent seul ou accompagné de quelques amis au bar du coin. Je suis son seul fils alors, j'imagine que ça lui fait plaisir.
 
_La seule chose qui me fait peur... c'est le lycée. Je chuchote en baissant les yeux.
_Tu sais, c'est un très bon lycée ici et il n'y a pas que les adolescents de la ville. Tu te feras vite des amis, tu as toujours été... Il fronce les sourcils. Différent de ta mère, donc sympathique.
 
On rigole tous les deux, sans arrières pensées méchantes envers ma mère évidemment, et je me reconcentre ensuite sur la route. Le Texas va me manquer et il y aura sûrement des jours où je serais plus triste... mais je suis certain que vivre ici va être une belle aventure. 
 
 
 

31/12/2016


Chapitre un.



Le mois d'août s'estompe et je le vois bien au coucher de soleil qui se fait de plus en plus tôt. Je suis assis sur le perron à me balancer dans le rocking-chair et je regarde le monde passer devant moi et les bateliers qui se préparent à une grosse journée demain. Pour moi aussi ce sera une grosse journée... Après une semaine passée à Bar Harbor, enfin le grand jour où je vais m'inscrire au lycée et c'est peut-être pour ça que je ne me sens pas prêt à dormir. J'appréhende.
A San Antonio, j'avais des amis mais très peu... Mais ce qui était cool avec le lycée c'est que personne ne pouvait te juger puisqu'il y avait énormément d'élèves et qu'on aurait même pu le confondre avec une université. Ici, c'est plus petit et je suppose que l'on se fait vite un nom et moi je n'ai pas l'habitude d'être connu, je vais débarquer et être le petit bonhomme vert qui n'était pas là l'année passée. Mais qui est-il ? Et ça, c'est angoissant.

 
_Cookies et milkshake à la framboise.
 

Je me retourne vers mon père qui vient me rejoindre sur le perron avec un plateau remplit de bonnes choses. On a passé la semaine à se promener en ville, il m'a acheté une tonne de vêtements et même un vélo. Ensuite, tous les soirs nous avons regardé des films aux effets spéciaux des plus nuls, 80's horror, c'était tellement génial. Mais voilà que je me retrouve avec l'estomac noué puisque la vraie vie reprend demain.
 

_J'espère qu'ils n'ont pas cuit trop longtemps. Dit-il en fourrant un cookie entier dans sa bouche. Oh ! Cuisson parfaite, goûte-moi ça Lou !
_J'avoue que ça sent très bon.
 

J'en prend un en essayant de sourire le plus franchement possible mais quelque chose me retient de le faire sérieusement et je crois que mon père l'a remarqué. Il pose le plateau au sol et approche son rocking-chair du mien. Il m'ébouriffe les cheveux et ensuite étire les joues pour me persuader de sourire.

 
_Tu as souris toute la semaine... Je sens une once de tristesse dans sa voix. Nostalgique ? Tu veux appeler ta mère ?
_Oh, ça n'a rien avoir avec maman, je me sens mieux ici. Il me lance un énorme sourire. Mais je me dis que le lycée sera sûrement différent de celui de San Antonio, tu vois.

 
J'essaye de ne pas y penser mais dès que j'ai l'esprit occupé, l'idée que l'école va recommencer frôle à nouveau mes pensées. Pourtant, je sais que je n'ai pas vraiment de mal à me faire des amis mais je suis quelqu'un d'assez timide qui n'ose pas prendre la parole en premier. Je ne suis pas ce garçon populaire, je suis plutôt celui qui étudie à la bibliothèque et qui rigole des blagues sur le Big Bang avec la communauté des geeks.
 

_Mon premier jour au lycée était assez sensas', il se retourne vers moi, ce sont les mots que l'on utilisait dans les années 80. Et tu sais, je suis devenu ami avec une sorte de... personne à l'allure bizarre. Il écoutait du rock'n roll et moi mise à part le jazz que ton grand-père me faisait écouter, je n'y connaissais rien. Le regard dans le vide, il rigole doucement. Et j'avais peur de ce mec et son groupe au début parce qu'ils étaient déjà plus âgés que moi mais ce sont devenus des grands frères. Je le côtoie toujours et tu vas sûrement le rencontrer très bientôt, il est différent maintenant. Mais tu vois, à Bar Harbor il n'y a aucune différence entre les classes sociales ou les styles. Tu ne dois pas t'en faire, fils.
 

J'acquiesce. Les époques ont changé et l'Amérique des années 80 n'est plus mais je suppose que ce n'est pas un sujet qui me donne envie de débattre. Je me contente de manger quelques cookies et de boire mon milkshake avant qu'il ne fasse vraiment noir.
Et même si la température est encore bonne, aux alentours de 22 heures je sens un frisson parcourir mon corps et je décide de rentrer à l'intérieur rejoindre ma chambre dont les murs sont ornés de posters de films divers et d'étagères remplies de livres. J'enlève mes vêtements que je plie soigneusement sur ma chaise de bureau et je me glisse dans le lit une fois qu'il ne me reste plus que mon sous vêtement. Je jette un coup d'½il à mon téléphone portable et constate que ma mère m'a laissé un message. Elle me dit de faire attention, qu'elle m'aime et qu'elle sait que je serais le premier de la classe. Ça me fait sourire... Nos dialogues s'améliorent et je pense que tout ce dont nous avions besoin c'était d'être loin l'un de l'autre.

C'est en souriant grâce à ce message d'encouragement que je m'endors.
 


 
 
 
_Alors, tu es prêt ?

 
Mon père est accoudé contre le chambranle de la porte de la salle de bain pendant que j'essaye de coiffer mes cheveux qui eux, ne sont pas décidé à coopérer. Je souffle un dernier coup et met de la laque un peu partout et tant pis pour cet épi qui ne veut pas se mettre autrement qu'en pétard. Mon père sourit lorsque je sors enfin de la pièce. J'ai quand même mit de beaux habits : un pull blanc et un jeans tout neuf ainsi que mes éternelles Vans.

 
_Je suis comment ?
_Sensas' ! Je hausse un sourcil. Très beau, comme ton père.

 
Je lève les yeux au ciel et retourne en vitesse dans ma chambre pour prendre mon sac à dos, aujourd'hui en plus de l'inscription il y a plusieurs réunions, des cours ouverts, ... J'ai décidé de prendre l'option histoire et littérature donc je vais sûrement participer aux cours ouverts de cet après-midi par rapport à cet option. Mon père a déjà téléphoné pour mon cas et je n'ai plus qu'à finaliser l'inscription en apportant ma carte d'identité pour obtenir mon planning. Je suis surexcité et à la fois stressé, j'ai mangé un pain au chocolat et bu un jus d'orange mais ça ne fait pas bon ménage dans mon estomac.

Lorsque j'arrive dans la cuisine, mon père me tend deux billets de 5 dollars.
 

_Ils vendent des sandwichs vachement bons, alors...

 
Je souris et il me prend dans ses bras. C'est aussi une grande étape pour lui.

 
_J'suis tellement fier de toi, et puis... Il se recule et me prend par les épaules, tu me diras si ton vélo est cool ou s'il faut l'échanger. Et garde ton portable, appelle-moi ce midi pour me dire comment ça se passe et... et bonne chance.
_Papa, l'école n'est même pas à 2 km d'ici... Il baisse les yeux, je t'appelle tout à l'heure, c'est promis.

 
J'emporte une bouteille d'eau que je mets dans mon sac à dos et après avoir pris une grande inspiration, je sors enfin de chez moi. Papa s'est occupé de sortir mon vélo et je le retrouve devant la barrière de la maison. J'ai tout ce qu'il me faut ? Oui. Je visse un écouteur dans mon oreille et lance ma playlist. Il n'est pas encore huit heures mais j'ai l'impression que toute la ville est en mouvement. Les bateliers travaillent déjà, les magasins ouvrent et les gens partent travailler, les étudiants se dirigent vers l'école en voiture, en bus ou à pied. Je croise deux personnes en vélo et ça me rappelle le bon temps. J'ai des bribes de souvenirs mais lorsque j'étais plus jeune et que je venais en vacances ici, les gens avaient tous un vélo. Maintenant c'est assez rare, les gens ont tous des voitures. Mais les temps évoluent.

 
Après deux musiques, j'arrive enfin devant le lycée. C'est un assez grand bâtiment en pierres grises dont les châssis bleu ciel rappellent l'idée de cette ville. Et il y a une cour devant et derrière, de la pelouse et un préau assez pour... cent personnes, même pas. Il y a pas mal d'étudiants en groupe et certains attendant sûrement leurs amis. En gardant l'écouteur dans l'oreille, je dépose mon vélo à l'endroit prévu à cet effet et je mets la sécurité. Il est temps pour moi d'y aller je suppose...

J'essaye de regarder les autres avec une certaine discrétion, ils n'ont rien avoir avec les gens du Texas. Je ne vois pas de pom-pom girls en train de réviser leur chorégraphie, ni même les joueurs de basket en train de martyriser un geek. C'était des choses courantes dans mon ancien lycée, ici j'ai l'impression que tout le monde se connait et que mise à part de petites disputes, il n'y a jamais de grands rassemblements pour des bagarres. Je ne vais pas commencer à comparer les lycées...
 
J'entre par la grande porte rouge, la principale. C'est typique... les casiers des deux côtés du grand couloir, des élèves un peu partout et alors que j'avance en essayant de me faire tout petit, j'arrive enfin devant une porte qui indique l'accueil. Je frappe trois coups et ne regarde pas autour de moi parce que je sens des regards et ça me gêne. Je ne suis pas extraverti comme garçon et j'aime bien être invisible alors...

 
_Entrez ! Lance une voix féminine.

 
Je pousse la poignée et m'engouffre dans la pièce. Une femme d'un certain âge est assise derrière un grand bureau en bois brut. Elle porte un tailleur bleu ciel et un chignon tiré à quatre épingles. Son maquillage est trop foncé pour sa peau blanche mais j'en fais abstraction. En une fraction de seconde, je jette un coup d'½il autour de moi. Des étagères remplies de classeurs, de livres, de photos,... une machine à café également et un tableau qui représente l'école mais il y a sûrement des années.
Contrairement à ce dont je m'attendais, lorsque la dame relève son visage, elle m'adresse un doux sourire et me propose de m'asseoir.

 
_Bonjour, je suis Louis Tomlinson et-
_Oh, elle joint ses mains devant elle, le fils de Norman, c'est cela ? Je suis Emma Carlston.
_Oui...

 
Elle me sourit et prend un classeur tout fin. Elle en sort plusieurs papiers.

 
_Tu dois te douter que tout le monde se connaît ici, mais j'étais une très grande amie à ton papa. Elle me tend un des papiers. Tiens, tu as choisi Histoire et Littérature, c'est cela ? Signe ici, et alors, elle me donne deux autres papiers. Le premier est ton papier d'inscription et le deuxième ton planning.

 
Je signe mon inscription et jette un coup d'½il au planning qui me plaît relativement bien. Je souris et constate que le lundi je commence à 10 heures, ce qui n'est pas pour me déplaire. Et avec Histoire du cinéma en plus.
 

_Et bien voilà ! Alors, la rentrée reprend officiellement après-demain mais aujourd'hui il y a des cours ouverts, des activités, ce sont les portes ouvertes de l'école réservés aux nouveaux et même aux anciens. Demain la bibliothèque sera ouverte et tu pourras venir y empreinte plusieurs livres dont tu auras besoin pour le reste de l'année. Elle m'adresse un sourire. Je te souhaite la bienvenue au lycée de Bar Harbor et j'espère que tu t'y plairas, Louis. Et embrasse ton père de ma part.

 
Je dis que je n'y manquerais pas et je m'empresse de sortir du bureau. Une fois fait, je m'adosse sur le mur à côtés de moi. C'est bien pire que ce que je pensais, tout le monde se connaît. En même temps il n'y a qu'un lycée et je suppose que cette femme a le même âge que mon père, à peu de choses près. Je souffle un bon coup et regarde une des feuilles qu'elle m'a données et qui concerne les activités d'aujourd'hui et les cours ouverts.

Tiens, à l'étagé les élèves d'Art plastique réalisent en quelques minutes notre portrait à la manière de Picasso. Au sous-sol, des petits matchs de basket ont lieu. Dans d'autres classes il y a aussi des Quizz sur le cinéma et sur la musique. Je pense que ça pourrait être chouette que j'aille m'y inscrire !
 


  
_Excusez-moi, c'est ici les quizz ?

 
J'ai cherché longtemps après la salle B75 alors qu'elle est au premier étage. Mais j'y arrive enfin, il y a déjà beaucoup de personnes qui attendent sûrement le prochain quizz. En fait, je crois même que la partie va commencer parce qu'un garçon met en place le projecteur qui lance quelques secondes de divers clips musicaux.

 
_Ouais ouais mais pour ce tour on est complet. Il tire une chaise à ses côtés. Mais si tu veux tu peux t'asseoir ici et regarder le déroulement du quizz, c'est vachement drôle la manière dont les gagnants réagissent.

 
Je souris timidement et m'assois sur la chaise. Le garçon à côté de qui je suis assis s'appelle Nick, il a une étiquette collée sur son pull ligné. Il porte aussi des lunettes et ses dents sont légèrement en avant mais moi je trouve qu'il a l'air gentil. Et puis, ok il a la vraie tête de geek mais tout le monde vient le saluer sans sarcasme.

Il y a trois équipes de sept personnes et chaque groupe désigne celui qui va écrire sur la pancarte le titre de la musique ainsi que l'artiste, le premier qui crie « OK » et qui lève sa pancarte gagne des points pour son équipe. Une partie dure environs 30 minutes. C'est Nick qui vient de me l'expliquer. Je rigole à en avoir mal au ventre, ils sont tout fous lorsqu'ils gagnent et ils se mettent à danser sur des musiques sans avoir le rythme dans la peau. Même les perdants rigolent et ça vaut de l'or. Au Texas, personne ne voulait jamais aller aux portes-ouvertes parce que c'était ennuyant mais ici c'est vraiment génial et drôle.

 
_En fait je crois que je vais juste rester à côté de toi et regarder les équipes se battre, c'est plus drôle que ce que j'imaginais. Je dis à l'intention de Nick qui clôture l'inscription pour le prochain tour.
_Ah ça, c'est vrai que c'est drôle. Je le fais chaque année !

 
La fin du quizz est proche et la dernière chanson fait son apparition. C'est du vieux Hip-Hop et les deux équipes ne peuvent pas s'empêcher de se lever pour danser en oubliant même de lever les pancartes alors que tout le monde chante à tue-tête. Nick rigole en me tenant l'épaule, il en pleure même et moi je me sens heureux. J'avais beaucoup trop d'appréhension alors qu'en fait, il y a un esprit de famille qui règne sur ce lycée. Un garçon du groupe se met sur la table et commence à danser et à faire semblant de chanter. J'ai l'impression d'être dans un rêve, personne ne se serait donné en spectacle à mon ancien lycée. Ici, ça a l'air tellement normal que ça fait même chaud au c½ur.

 
_Salut Nick, tu peux m'inscrire pour le prochain tour ?
 
Je lève les yeux vers la personne que vient d'interpeller Nick et mon sourire s'efface petit à petit. Pas tout d'un coup mais au ralenti. La voix rauque qui vient de parler appartient-elle réellement à ce mec ?